L’Ardèche côté cévenol, perdue et sauvage ; la Vallée de la Beaume, des allures de bout du monde, une route où deux véhicules ne peuvent pas se croiser partout et, à flan de montagne, caché, accroché sur le rocher, le hameau des Pauzes et la ferme des Audibert. Lui, sec comme son Ardèche natale, elle, jeune femme de la ville qui ne regrette pas d’être venue vivre là, dans cette nature belle mais si loin des commodités citadines. L’accueil est au premier abord réservé bien qu’amical, à l’unisson du paysage un peu aride. Les Bergers des Pyrénées sont là, regroupé dans une cour, les moutons aussi dans l’étable, qui avancent un œil curieux vers le visiteur. La maison est confortable, arrangée avec goût, on a envie d’y vivre.
André Audibert explique comment il a acheté son premier Berger des Pyrénées pour son père qui avait besoin d’un bon chien de troupeau. Il ne connaissait pas bien les différentes races de chiens et avait d’abord pensé au Berger de Beauce, chien de plaine pas forcément adapté au relief escarpé et accidenté de la région. Madame Selosse, juge du neuvième groupe qui vivait à quelques cents mètres de là, lui
avait permis de connaître d’autres races bergères dont le Berger des Pyrénées qui lui avait semblé apte à travailler dans ces conditions. Ursule des Troubadours, achetée en 1971, répondit parfaitement aux attentes de la famille. C’était encore le temps où les chiens étaient identifiés par empreinte nasale de la truffe et le tatouage pas encore obligatoire.

Mais la satisfaction donnée par le travail de ce chien, et l’influence de Madame Selosse et de Monsieur Duconte, Président du club à l’époque, furent le point de départ de la vocation d’André Audibert.
Ursule n’était pas un modèle de conformité au standard et prognathe, n’était pas confirmable.
peine d’avoir quelques surprises, pas forcément agréables. 
Cette Myrtille, sans être une championne, était une bonne chienne d’exposition qui obtint des résultats satisfaisants tout en étant bien entendu parfaitement apte au travail que l’on attendait d’elle ; cette chienne fut le point de départ de l’élevage.
En épousant André, Agnès, la citadine a adopté sans réserve cette vie isolée dans l’Ardèche et la passion du chien ; elle dit qu’elle ne changerait d’existence pour rien au monde et s’est complètement investie dans l’élevage. Comme son mari, elle désire produire des chiens conformes au standard de la race sans perdre les aptitudes bergères, les deux étant à ses yeux indissociables. C’est elle qui s’occupe des chiens et qui élève les chiots. Agnès souligne à quel point la période de socialisation est cruciale. Elle insiste sur l’importance du contact avec ce chien à ne surtout pas prendre comme un jouet : «  dès deux ou trois mois, le Berger des Pyrénées teste son maître ; comme il comprend très vite, il peut parfaitement devenir odieux s’il n’est pas en de bonnes mains. Sa petite taille, son physique attendrissant, le fait qu’on puisse facilement le porter, ce qu’il ne faut surtout pas faire, sont des éléments néfastes à cet égard. Chez nous, les chiens ne vivent pas à la maison, ils sont nos compagnons, nous suivent au travail, nous avons toujours un chien de troupeau spécialement dressé pour cet usage, qui demande une éducation poussée. Nous utilisons pour nos brebis et nos chèvres les méthodes traditionnelles et ce chien

Rapidement arriva aux Pauzes Myrtille de l’Estaubé, provenant de chez Guy Mansencal, Président du Club et juge bien connu qu’André Audibert décrit comme « le père actuel du Berger des Pyrénées ». Ce Berger des Pyrénées que Guy Mensencal décrit comme « fantasque et à ne pas mettre entre les mains de tout le monde ». C’est également l’opinion des Audibert qui soulignent qu’il ne faut pas prendre ce chien dominant pour un nounours sous

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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