COUP DE PROJECTEUR…
L’OUSTAOU DE PADEL
M. et Mme André Audibert ont constitué
un élevage phare du Berger des Pyrénées.
Depuis maintenant plusieurs années, ils ont placé bon nombre de
chiens dans les
toutes premières places d’exposition. Ils ont de plus conquis la
sympathie d’un
grand nombre d’amateurs, et sont de fidèles participants aux manifestations
du club.
Ces raisons conjuguées rendaient leur visite incontournable…
Pouvez-vous nous dire les fondements de votre passion pour le Berger
des Pyrénées ?
La passion ne vient qu’avec le temps.
Aujourd’hui, nous continuons ce que faisaient ici
nos ancêtres avec des chiens de berger sans race.
Le Berger des Pyrénées est un chien très attirant par son
physique,
et ne pouvait laisser indifférent un passionné des animaux.
![]() |
Dans quel environnement vivez-vous avec vos Bergers
des Pyrénées ?
Nous sommes agriculteurs et vivons dans la ferme appartenant
à notre famille depuis de nombreuses générations.
Les chiens (une quinzaine de 1 à 17 ans)vivent avec nous, mais pas dans
la maison.
Nous élevons entre autre des brebis, une centaine. La présence
du chien est indispensable
pour la garde quotidienne du troupeau : ici il n’y a pas de clôtures.
A cause du relief et de la pauvreté du sol, rien n’a changé :le
berger effectue un travail
ancestral qui n’a pas évolué depuis le temps des troupeaux
communs à chaque hameau.
Votre travail quotidien sur troupeaux vous unit très
intimement à vos chiens. Quelles sont les qualités très
spécifiques du Berger des Pyrénées que vous appréciez
le plus ?
J’aime les chiens intelligents et vifs : ils doivent faire
preuve d’une grande « débrouillardise ».
Ici le chien doit avoir beaucoup d’initiatives afin d’assurer une
conduite efficace du troupeau.
Avec sa petite taille, le Berger des Pyrénées est plus adapté
pour des manœuvres parfois délicates sur les terrasses.
A quel moment avez-vous décidez d’élever cette race de chien et pourquoi ?
Etant paysan, c’est naturellement que la première
chienne qui nous donnait satisfaction a reproduit.
L’élevage du Berger des Pyrénées n’a pas fait
l’objet d’une décision ; cela est venu petit à
petit,
c’est la passion qui nous a entraîné.
Notre première Berger des Pyrénées achetée en 1971
se nommait Ursule des Troubadours.
L’affixe « de L’Oustaou de Padel » date de
1978.
![]() |
Quelles furent les principales difficultés rencontrées dans l’élevage du Berger des Pyrénées ?
Le Berger des Pyrénées est une race extrêmement
difficile à élever à cause de la diversité du type
que la consanguinité ne fixe même pas, ou très peu. Compte
tenu de cela, il faut regarder
beaucoup de chiens avant de faire reproduire ceux qui devraient apporter les
qualités recherchées.
Le plus déroutant est que l’on peut avoir le pire et le meilleur
avec les mêmes accouplements.
Il est impossible de voir l’élevage d’une façon rationnelle
comme pour d’autres races
qui transmettent fidèlement leur phénotype.
Dans son caractère il y a une part de fantaisie qui semble se retrouver
dans sa reproduction
(peut-être les amoureux de cette race l’apprécient-ils pour
cette raison ?)
Quelles ont été vos plus grandes satisfactions,
les chiens qui vous ont le plus séduits,
et quels furent ceux qui ont fait souche dans votre élevage ?
La plus grande satisfaction a été de voir Fède
gagner à Longchamp.
Mais lorsqu’un chien que l’on a produit obtient d’excellent
résultats en beauté et en travail,
on ressent aussi une joie.Je ne crois pas qu’il y ait des chiens qui nous
ont séduit plus que d’autres,
nous les aimons avec leurs qualités et leurs défauts, tout en
ayant tendance
de regarder plus ce qui va mal que ce qui va bien.
Les chiens qui ont fait souche sont Myrtille de l’Estaubé, Alari
du Grand Bestiolan
qui nous ont apportés de belles têtes.
Il y a eu aussi Oscar, beaucoup lus rustique.
![]() |
Quels conseils donneriez-vous à une personne désireuse de devenir propriétaire d’un chiot Berger des Pyrénées et ne connaissant pas la race ?
Beaucoup de personnes achètent un Berger des Pyrénées
pour son aspect attrayant, oublient vite
les conseils de l’éleveur au sujet de son caractère et se
retrouvent avec un chien de Berger
qui les conduit où lui seul veut.
Il faudrait donc que le nouveau propriétaire se renseigne chez plusieurs
éleveurs, chez les particuliers
possédant un chien, à la R.A.C.P. … Mais combien font cette
démarche ?
La plupart du temps, la petite boule de poil a jugé son maître
dans la semaine qui suit l’adoption.
Rares sont les Bergers des Pyrénées qui se contentent d’un
maître peu exigeant ;
il faut donc être vigilant dès le départ pour ne pas se
« laisser avoir ».
Le maître idéal est sûrement celui qui utilisera son chien,
lui donnera une mission, une responsabilité : il ne demande que
ça.
Quelles suggestions ou idées souhaitez-vous mettre en avant pour l’avenir du Berger des Pyrénées ?
Le Berger des Pyrénées est à la mode et
la production « style animalerie » ou « éleveurs
de labrits
sans papiers » est devenue importante.
La R.A.C.P. n’intéresse qu’un nombre restreint de passionnés
ou éleveurs.
Nous pensons que les débutants dans l’élevage pourraient
être mieux conseillés.
Il faut du temps pour avoir une vision correcte du petit Berger et, si l’on
entreprend sa reproduction,
on peut avoir beaucoup de désillusions.
Par l’intermédiaire du bulletin ou des manifestations organisées
par la R.A.C.P. (N.E., R.E. …)
il y a sans doute des moyens pour aider ceux qui la connaissent peu.
Nous espérons que l’engouement pour le Berger des Pyrénées
ne le changera pas
(comme cela s’est vu dans d’autres races), et que les éleveurs
qui l’aiment sauront
maintenir son aspect et son caractère de chien de Berger.
Il faut aussi qu’il continue à être utilisé par des
paysans comme chien de troupeau, ce pour quoi il a été créé.
![]() |
Propos recueillis par Frank CARNEJAC